Soutenance de thèse de EL KHATTABI Oumaima


Titre de thèse

Analyse intégrative physiologique, ultrastructurale et métabolomique de la tolérance au Pb, de son accumulation et de l'amélioration de la phytoextraction chez Hirschfeldia incana

Integrative physiological, ultrastructural and metabolomic analysis of Pb tolerance and accumulation and phytoextraction improvement in Hirschfeldia incana

Date

6 octobre 2026 à 10h00

Adresse

4 Avenue Ibn Batouta BP 1014 RP, RABAT Maroc, Faculté des sciences Rabat

Ecole doctorale

Sciences de l'Environnement

Specialité

Sciences de l'environnement : Géosciences

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Plomb (Pb),Brassicacée,Phytoremédiation,PGPR,Extraits d'algues,Biostimulants,

Keywords

Lead (Pb),Brassicaceae,Phytoremediation,PGPR,Seaweed extracts,Biostimulants,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Directeur de recherche M. LEVARD Clément CEREGE AMU
Professeur des universités M. LEBEAU Thierry Université de Nantes
Professeure des universités Mme RHAZI Laila Université Mohammed V
Professeur des universités M. BOULARBAH Ali Université Cadi Ayyad
Maîtresse de conférences Mme FAHR Mouna Université Mohammed V
Directeur de recherche M. LAPLAZE Laurent Institut de recherche pour le développement
Professeur des universités M. OUKARROUM Abdellah Université Mohammed VI polytechnique
Maîtresse de conférences Mme COLLIN Blanche CEREGE AMU

Résumé de la thèse

La contamination au plomb (Pb) constitue un enjeu environnemental majeur en zones minières, où sa persistance limite le développement végétal et leur réhabilitation. La phytoremédiation est prometteuse, mais dépend d'une compréhension approfondie des mécanismes de tolérance, accumulation et immobilisation du Pb. Hirschfeldia incana (Brassicaceae), pseudométallophyte des scories riches en Pb de l'Est du Maroc, a permis de caractériser les réponses physiologiques, métaboliques et structurales au stress plombique et d'évaluer des outils biologiques de phytoremédiation assistée.
Les résultats ont montré que la biomasse n'était pas affectée à 3 jours d'exposition au Pb, mais diminuait à 15 jours. L'accumulation du Pb augmentait avec la durée d'exposition et restait fortement racinaire, atteignant 83 683 mg·kg⁻¹ MS dans les racines à 15 jours. Le Pb a induit une réponse antioxydante précoce et soutenue, avec hausse des sucres, phénols, anthocyanines et de l'activité peroxydase, tandis que la chlorophylle b diminuait après exposition longue.
L'analyse métabolomique non ciblée a révélé une réponse plus marquée dans les racines, avec des ajustements constitutifs et dépendants du temps. Ils traduisaient une réorientation du métabolisme du tryptophane et des glucosinolates vers les phénylpropanoïdes, soutenant la défense antioxydante et un possible renforcement pariétal racinaire. Dans les parties aériennes, malgré une moindre accumulation du Pb, les réponses protectrices étaient maintenues par les phénoliques, anthocyanines et dipeptides. Cette analyse a aussi identifié des marqueurs candidats de tolérance à 15 jours d'exposition au Pb. L'accumulation commune de l'acide 2-isopropylmalique dans les racines et les parties aériennes suggère un marqueur systémique de réponse au Pb. Les racines présentaient une hausse de l'acide sinapique, de la proline, de dérivés phénoliques de l'acide benzoïque et de l'isothiocyanate de benzyle, associée à une forte baisse du glutathion et de plusieurs glucosinolates. Les parties aériennes se distinguaient par des acides organiques de faible poids moléculaire et des composés oxylipiniques.
Les analyses ultrastructurales ont confirmé la rétention principale du Pb dans les racines, notamment dans l'endoderme, les parois épaissies, les invaginations de la membrane plasmique et les vacuoles. Dans les parties aériennes, aucun dépôt de Pb n'était détecté. Toutefois, les altérations chloroplastiques indiquaient un stress photo-oxydatif, avec une organisation cellulaire globale largement préservée. Ainsi, H. incana répond au Pb par séquestration préférentielle racinaire, immobilisation apoplastique, renforcement structural et translocation limitée vers les organes aériens.
L'évaluation de l'effet des outils biologiques sur la réponse des plantes au Pb a montré que les PGPR indigènes tolérantes au Pb associées à H. incana avaient des effets souche-dépendants. L'isolat du rhizoplan a favorisé l'accumulation du Pb et pourrait convenir à la phytoextraction, tandis que l'isolat endophyte a amélioré la biomasse, la stabilité des pigments et la tolérance sans augmenter le Pb, suggérant un meilleur potentiel d'installation et maintien des plantes en sols contaminés. En complément, des biostimulants algaux ont été testés chez la tomate exposée au Pb. Les extraits de Fucus spiralis et Cystoseira ericoides, à forte activité antioxydante, ont amélioré la biomasse sous Pb et réduit les marqueurs de stress. L'extrait de F. spiralis a aussi augmenté le Pb foliaire, suggérant un intérêt pour la phytoextraction.
Dans l'ensemble, la tolérance au Pb chez H. incana repose sur un transfert limité vers les organes aériens, une régulation antioxydante, une reprogrammation métabolique et des ajustements structuraux. Les biostimulants microbiens/algaux modulent différemment la croissance, la tolérance au stress et l'accumulation du Pb, ouvrant des perspectives de phytoremédiation assistée des sols contaminés.


Thesis resume

Lead (Pb) contamination is a major environmental issue in mining areas, where its persistence limits plant development and soil rehabilitation. Phytoremediation is promising, but depends on a better understanding of Pb tolerance, accumulation and immobilization mechanisms. Hirschfeldia incana (Brassicaceae), a pseudometallophyte growing on Pb-rich scoria in Eastern Morocco, was used to characterize physiological, metabolic and structural responses to Pb stress and to evaluate biological tools for assisted phytoremediation.
The results showed that biomass was not affected after 3 days of Pb exposure, but decreased after 15 days. Pb accumulation increased with exposure duration and remained strongly root-dominant, reaching 83,683 mg·kg⁻¹ DW in roots after 15 days. Pb induced an early and sustained antioxidant response, with increased sugars, phenolics, anthocyanins and peroxidase activity, while chlorophyll b decreased after prolonged exposure.
Non-targeted metabolomics revealed a stronger response in roots, with both constitutive and time-dependent adjustments. These changes reflected a shift from tryptophan and glucosinolate metabolism toward phenylpropanoid pathways, supporting antioxidant defense and possible root cell-wall reinforcement. In shoots, despite lower Pb accumulation, protective responses were maintained by phenolics, anthocyanins and dipeptides. This analysis also identified candidate tolerance markers after 15 days of Pb exposure. The common accumulation of 2-isopropylmalic acid in roots and shoots suggests a systemic Pb-response marker. Roots also showed increases in sinapic acid, proline, benzoic-acid-derived phenolics and benzyl isothiocyanate, together with a marked decrease in glutathione and several glucosinolates. Shoots were mainly distinguished by low-molecular-weight organic acids and oxylipin-like compounds.
Ultrastructural analyses confirmed that Pb was mainly retained in roots, particularly in the endodermis, thickened cell walls, plasma membrane invaginations and vacuoles. In shoots, no Pb deposits were detected. However, chloroplast alterations indicated photo-oxidative stress, while overall cellular organization remained largely preserved. Thus, H. incana copes with Pb through preferential root sequestration, apoplastic immobilization, structural reinforcement and limited translocation to aerial organs.
The evaluation of biological tools showed that native Pb-tolerant PGPR associated with H. incana had strain-dependent effects. The rhizoplane isolate enhanced Pb accumulation and may suit phytoextraction strategies, whereas the endophytic isolate improved biomass, pigment stability and stress tolerance without increasing Pb accumulation, suggesting greater potential for plant establishment and persistence in contaminated soils. In parallel, seaweed-based biostimulants were tested in Pb-exposed tomato. Extracts of Fucus spiralis and Cystoseira ericoides, with high antioxidant activity, improved biomass under Pb stress and reduced stress markers. F. spiralis extract also increased foliar Pb accumulation, suggesting interest for phytoextraction.
Overall, Pb tolerance in H. incana relies on limited transfer to aerial organs, antioxidant regulation, metabolic reprogramming and structural adjustments. Microbial and seaweed biostimulants differentially modulate growth, stress tolerance and Pb accumulation, opening perspectives for assisted phytoremediation of contaminated soils.